Andrew Hetherington

Actuary-in-training based in London, UK.

19 Dec 2020

Les mécomptes du débat public

Les chiffres sont partout dans notre société. Grace au développement de l’informatique et de la technologie en général, nous avons de plus en plus accès aux donnés sur n’importe quel sujet. Mais c’est pour le mieux, parce que les chiffres et les statistiques sont transparents, ils sont objectifs. Sauf que… ce n’est pas forcément la vérité, dit l’auteur d’un article paru dans « Sciences et avenir » en octobre-novembre 2009. Aujourd’hui, on va approfondir cette discussion nuancée en parlant, dans un premier temps, de la nature incontournable des chiffres de nos jours. Ensuite, on verra comment tromper avec les chiffres. Et finalement, on va répondre à la question : « qu’est-ce qu’on peut faire pour utiliser les chiffres à bon escient » ?

Premièrement, quelques exemples des chiffres et leur pouvoir. Si on parle de l’économie, il est impossible d’éviter les statistiques : le PIB d’un pays, son taux de chômage, la croissance… tous les jours, les économistes, les actuaires, les analystes, énormément du monde les étudient scrupuleusement afin de faire des prédictions, construire des modèles, et prendre des décisions. Pour eux, le contexte n’a pas d’importance—les chiffres sont, en fait, le monde. C’est la même histoire avec l’éducation. Apparemment, nos enfants vont à l’école, les étudiants vont á la fac pour qu’ils puissent apprendre comment fonctionner le monde et ses phénomènes si compliquées. Mais finalement, quand il faut trouver un travail, un recruteur est intéressé par une seule chose : un chiffre (sur vingt, en particulier). C’est aussi le cas dans les hôpitaux : devrions-nous utiliser tel ou tel médicament pour soigner ce pauvre malade ? Alors, ça dépend. Montrez-moi les statistiques. Je m’en moque de tout, sauf pour ça. Notre obsession avec les chiffres, peut-être c’est la vraie maladie.

Donc, nous sommes inondés par les chiffres. Mais au moins les chiffres ne disent pas les mensonges, non ? Pas exactement. Il faut les mettre en leur contexte pour vraiment commencer à comprendre ce qu’ils veulent dire. 10 000 nouveaux chômeurs ce mois-ci ! C’est terrible, non ? Attends—on parle de quel pays ? Si 10 000 personnes correspondent à 10% de la population, bien, peut-être c’est terrible. Mais s’il s’agit d’un pays avec une population de 100 000 000, c’est beaucoup plus petit—ça pourrait être complètement normal. Ou peut-être, il y en a eu 10 000, mais la plupart d’eux, ils sont éduqués et parfaitement capable de trouver de nouvelles emplois après peu de temps. Plus loin—ces 10 000 ont démissionné leurs anciens travaux ennuyeux afin de poursuivre leurs rêves dans de nouveaux domaines. Tout est question de contexte, de comment ce « fait » est présenté.

Donc, la question qui nous reste, c’est qu’est-ce qu’on peut faire ? Est-ce qu’il y a une méthode pour garder contre l’utilisation néfaste des chiffres ? En fait, il y en a plusieurs. La première : plus d’éducation sur les chiffres et la statistique. En retournant vers le b.a.-ba, peut-être on peut apprendre ce qu’ils veulent dire et ce qu’ils ne veulent pas dire. Deuxièmement, c’est à nous à développer nos esprits critiques en se méfiant des chiffres, en demandant les preuves. Je ne dis pas qu’il faut jeter toutes les infos dans la poubelle, mais avec un peu de scepticisme on est plus capable de défendre contre les techniques de persuasion et coercition. Et enfin, il faut apprécier le contexte des faits. Finalement, les chiffres ne se servent à rien sans une application concrète et un environnement. Si nous sommes privés du contexte, il est impossible de savoir quoi penser. Même si ces trois choses ne se passeraient pas du jour au lendemain, la conscience est la première étape.

En conclusion, cet article de « Sciences et avenir » évoque les problématiques importantes au sujet du tel volume d’infos et de donnés qui nous entourent aujourd’hui. Les chiffres sont incontournables de nos jours et ils ne vont pas disparaître. Ils sont puissants et peuvent clarifier les situations complexes, mais le revers de la médaille est qu’ils ont aussi le pouvoir de frapper et tromper. C’est notre responsabilité à nous de faire en sorte que nous sachions comment il faut utiliser et comment il ne faut pas les utiliser. Dans un monde de plus en plus capable technologiquement, nous ne pouvons pas perdre le nord—sinon, il y aura de grosses conséquences.